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Le dépistage du cancer du sein peut-il aussi être bon pour le cœur ?

Par Michela · April 2026

Le dépistage du cancer du sein peut-il aussi être bon pour le cœur ?

Un nouvel article du Tages-Anzeiger soulève une question fascinante : le dépistage du cancer du sein peut-il même prévenir les infarctus ? Nous remettons cela en contexte, ce que cela signifie pour les femmes de tout âge et pourquoi la détection précoce n'est pas un luxe.

Chaque année, environ 6'500 femmes en Suisse reçoivent un diagnostic de cancer du sein. Chaque année, environ 1'500 en meurent. Et pourtant : celle qui reconnaît tôt, celle qui agit tôt, a des chances nettement meilleures.

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes. Pourtant, dans bien des cas, il est guérissable lorsqu'il est découvert à temps. C'est justement l'objectif de la mammographie : rendre visibles les changements du tissu mammaire avant qu'une tumeur ne devienne palpable ou ne provoque des troubles.

Le Tages-Anzeiger a récemment rapporté une nouvelle perspective fascinante sur le dépistage mammographique : la prévention régulière pourrait non seulement protéger contre la mort par cancer du sein, mais aussi, par l'effet d'un suivi médical globalement plus rapproché, contribuer éventuellement à prévenir les infarctus. Ce n'est pas encore prouvé scientifiquement de façon définitive, mais cela ouvre une nouvelle discussion importante : que fait vraiment la prévention, et pour qui ?

6'500

femmes nouvellement diagnostiquées chaque année en Suisse (Tages-Anzeiger / Ligue suisse contre le cancer)

4 sur 1'000

femmes sauvées de la mort par cancer du sein grâce au dépistage (Prof. Passweg, USB Bâle, via Tages-Anzeiger)

Ce que la mammographie peut vraiment faire

La mammographie est l'examen le plus important dont on dispose pour la détection précoce du cancer du sein. Elle peut rendre les tumeurs visibles avant qu'elles ne soient palpables, et plus un carcinome est découvert tôt, meilleures sont les chances de guérison et plus douces sont les thérapies possibles.

Selon l'Office fédéral allemand de radioprotection, qui a publié en 2025 l'une des plus grandes études jamais menées sur le sujet, la mortalité par cancer du sein chez les femmes participant régulièrement au dépistage a été inférieure de 20 à 30 pour cent par rapport aux non-participantes.

La Suisse : 15 cantons avec un programme et beaucoup sans

En Suisse, des programmes de dépistage organisés existent dans 15 cantons, où les femmes dès 50 ans sont invitées tous les deux ans à une mammographie, l'examen étant exempté de franchise. Les données du canton de Saint-Gall montrent que, grâce au dépistage, nettement plus de tumeurs ont été découvertes à un stade précoce, ce qui a permis d'éviter de nombreuses ablations du sein.

Dans les cantons sans de tels programmes, la situation est différente : une étude de l'Université de Lucerne montre qu'on y diagnostique plus souvent des tumeurs plus grandes, avec des chances de guérison d'autant moins bonnes.

« Environ 6'500 femmes en Suisse reçoivent chaque année un diagnostic de cancer du sein. Chaque année, environ 1'500 meurent des suites de la maladie. » Simone Steiner / Markus Brotschi, rédaction du Tages-Anzeiger

Et les femmes plus jeunes ?

Les programmes de dépistage officiels en Suisse s'adressent aux femmes dès 50 ans. Mais le cancer du sein ne touche pas seulement les femmes plus âgées. Un diagnostic sur cinq en Suisse concerne une femme de moins de 50 ans.

Pour les femmes plus jeunes sans facteurs de risque particuliers, la médecine ne recommande aujourd'hui pas de mammographie de routine, entre autres parce qu'un tissu mammaire plus dense rend l'évaluation plus difficile et que le risque lié aux rayons doit être pesé avec soin. Mais cela ne signifie pas qu'il n'existe pas d'options.

En mars 2026, l'Allemagne a étendu l'autorisation de la mammographie, au sens de la réglementation sur la radioprotection, aux femmes dès 45 ans, après que des études ont montré que le bénéfice l'emporte sur les risques dans cette tranche d'âge aussi. En Suisse, des adaptations similaires sont en discussion.

Pour les femmes plus jeunes ayant une prédisposition familiale ou un risque génétiquement plus élevé, il existe déjà aujourd'hui des programmes de détection précoce intensifiés spéciaux, avec échographie ou IRM, qui sont sans rayons et souvent plus fiables que la mammographie classique en cas de tissu dense.

Radiosa recommande : à ton prochain rendez-vous gynécologique, parle de ton risque personnel de cancer du sein. Y a-t-il des cas de cancer du sein dans ta famille ? As-tu des questions sur la mammographie ? Ces échanges sont importants et tu as le droit de décider de manière éclairée.

Ce que cela pourrait signifier pour le dépistage (sans polémique)

L'article du Tages-Anzeiger introduit une question supplémentaire intéressante : la participation régulière au dépistage pourrait-elle aussi avoir un « effet combiné », c'est-à-dire non seulement une découverte plus précoce de la tumeur, mais aussi globalement plus d'attention médicale (par exemple tension, diabète, risques cardiovasculaires), parce que les femmes sont plus souvent en contact avec le système de santé ?

Important : comme hypothèse, c'est plausible, mais cela ne revient pas à dire « la mammographie prévient les infarctus ». Cela montre plutôt que les programmes de prévention sont souvent une occasion de prévention globale.

Faudrait-il adapter l'âge des programmes de dépistage ?

La question est discutée à l'échelle internationale et ne se laisse pas trancher par un simple oui/non. Ce qui est décisif, ce sont le bénéfice et les inconvénients possibles dans la tranche d'âge concernée.

  • Pour les femmes de 45 à 49 ans, selon le risque, il peut être utile de faciliter l'accès à une détection précoce structurée (par exemple décision éclairée, normes de qualité claires, éventuellement fondée sur le risque).
  • Pour les femmes plus jeunes, l'évaluation est plus difficile (tissu mammaire souvent plus dense, plus de fausses alertes et d'examens complémentaires). En même temps, il y a des groupes qui pourraient en tirer un bénéfice particulier (prédisposition familiale, risques génétiques, densité mammaire très élevée).

Une approche pragmatique

Au lieu du « one size fits all », le prochain pas pourrait être :

  • Conseiller plus tôt et mieux (dès 40/45 ans) : risque, antécédents familiaux, densité mammaire, symptômes.
  • Piloter selon le risque quelle imagerie a du sens et quand (mammographie, échographie, IRM).
  • Penser la prévention comme une offre combinée : santé du sein plus bilan cardiovasculaire et prévention liée au mode de vie, pour que le bénéfice dépasse les maladies prises isolément.

Le savais-tu ? Une étude de l'Université de Lucerne, de l'Hôpital cantonal de Lucerne et de la Clinique Hirslanden St. Anna a analysé 21'518 cas de cancer du sein dans toute la Suisse : dans les cantons sans programme de dépistage, des tumeurs plus grandes ont été diagnostiquées plus souvent, avec des chances de guérison moins bonnes.

À propos de l'étude : Breast cancer in Switzerland: a comparison between organized-screening versus opportunistic-screening cantons

Gutzeit A., Diebold J. et al., ESMO Open, Volume 9, Issue 10, octobre 2024

Ce que tu peux faire maintenant

  • Vérifie si ton canton propose un programme de dépistage : Vorsorge-Check et www.swisscancerscreening.ch
  • À ton prochain rendez-vous, parle avec ta gynécologue de ton risque personnel.
  • Apprends-en plus sur l'autopalpation et sur les signaux que tu devrais connaître : bientôt, Radiosa enrichira le Vorsorge-Check de conseils sur l'autopalpation.
  • En cas de prédisposition familiale : demande activement une détection précoce intensifiée, possible dès 40 ans.
  • Examine régulièrement ton sein toi-même, pas comme un substitut, mais comme une habitude complémentaire. Beaucoup d'informations sur l'autopalpation, les facteurs de risque et les possibilités de dépistage en Suisse, tu les trouves dans le Vorsorge-Check de Radiosa, simple, compréhensible et sur mesure pour toi.

Sources et informations complémentaires

Toutes les citations de cet article sont accompagnées de l'indication de leur source.

  • Tages-Anzeiger : « Mammografie: Wie Brustkrebs-Screening Herzinfarkte verhindert » (référencé, derrière un paywall)
  • Tages-Anzeiger : « Schaffhausen sistiert Mammografie-Screening », Steiner / Brotschi, 17 juillet 2025
  • Tages-Anzeiger : « Krebs-Vorsorge: Wann soll man zu Darmspiegelung und Mammografie? », avril 2024/2025
  • Office fédéral de radioprotection (BfS) : communiqué de presse sur le dépistage mammographique, 9 juillet 2025, bfs.de
  • Université de Lucerne / LUKS / Hirslanden : Gutzeit et al., ESMO Open, octobre 2024, luks.ch
  • SRF News : « Kanton Schaffhausen führt Brustkrebsprogramm vorläufig nicht ein », 16 juillet 2025
  • Ligue suisse contre le cancer : www.krebsliga.ch/ueber-krebs/frueherkennung/brustkrebs
  • Swiss Cancer Screening : www.swisscancerscreening.ch
  • PINK CUBE Test Your Breast : www.pinkcube-testyourbreast.ch

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